mardi 27 avril 2010

Allez........ à vos commentaires.....

C'est fait ce film tant attendu est passé, j'attends vos avis, vos impressions.

Un petit mot sur la surprise de ma présence (même si cela avait transpiré sur des blogs, ce n'était pas apparu ici). J'ai donc été choisi pour commenter ce chef d'oeuvre. Je vous raconterai un de ces jours combien le voyage fut épique. Ma prestation fut bien minus, à côté de ce film, et je peux vous dire que pour un centième passage médiatique c'est celui qui m'a le plus ému, inutile de me parler de ma prestation, mais je suis friand de connaître votre avis sur THE doc'.

En lien mes premières impressions quand j'ai vu THE doc' il y a 6 mois.

Un petit nouveau

... dans le monde du journalisme
... dans le monde de l'adoption
... dans le monde du blog.

Il vient de m'interviewer, je viens de découvrir son blog, alors je lui fait un peu de pub !

Bande annonce

J'avais dit que j'arrêtais, mais on vient de m'envoyer un estrait (comme je disais quand j'étais petit) ou plutôt une bande annonce pour vous mettre l'eau à la bouche...

Un peu trop larmoyant, quand même, car ça fait pleurer mais c'est aussi très joyeux et surtout plein d'espoir.

Enfant né sous le secret ... grands-parents... la suite...

Bien occupé à faire de la pub pour le reportage qui passe ce soir, mais bien plus encore par le tsunami Haïtien, tsunami dans ma consultation qui explique des retards jamais atteints de courrier (je me prends pour Gaston !).

J'ai raté quelques épisodes des autres évènements de l'adoption.
Heureusement que l'on me signale des actualités qui sont présentés sur des blogs amis, cela concerne l'affaire de Cholet, la grande presse donne les conclusions du Tribunal de Grande Instance.
Bon, et ben la lecture de cet article m'a mis (encore une fois) dans une rogne pas possible.
Je ne dirai rien sur les grands-parents, ni sur la maman, ce n'est pas à nous de juger leurs comportements, nous ne savons rien d'eux, de leur histoire, des choses qui ont poussées cette femme a accouché sous le secret, plutôt qu'à confier son enfant à ses propres parents.
Elle avait le choix, elle a choisi en son âme et conscience et la loi lui permet de le faire !
Celui que j'ai envie d'allumer c'est le juge qui initialement à autoriser les grands-parents à demander une enquête génétique pour prouver qu'ils étaient bien les grands-parents. A ce moment-là, un professionnel de l'adoption m'avait dit que ce n'était pas grave, car quand on lisait les conclusions du juge, il était évident que cet enfant ne pourrait pas être confié à ses grands-parents. Ce que le tribunal de grande instance confirme de manière logique sans même se pencher sur le fond de cette affaire. Et bien le pro de l'adoption qui m'a dit ça lui aussi il m'a enrvé dur sur ette réflexion.... on verra bien ça va s'arranger ! Quand ?
Merci au juge qui a permis à cet enfant de traîner plus que de raison dans une structure d'accueil, plutôt que de lui permettre de créer des liens avec ses futurs parents.
De plus après tout le remous qu'il a déclenché, le Conseil Général risque d'être frileux, craignant un appel, une cassation, avant de confier cet enfant en vue d'une adoption... résultat, encore quelques mois d'attente pour cet enfant bien oublié dans les débats !
On peut donner des leçons à Haïti.

Et pendant ce temps, sur le site du Figaro, les écorchés vifs de l'adoption sous le secret (je les comprends c'est leur combat, leur souffrance qui les fait être égoïstes et généralisateurs) mais aussi les grands-pères touchés dans leur émotion, les gnangnan qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, s'amusent à faire le procès de l'accouchement sous le secret (j'aimerai mieux un vrai débat), et pire encore le procès de cette jeune femme qui pour des raisons, qui n'appartiennent qu'à elle, a voulu donner une "autre" chance à son bébé. Pas le temps d'envoyer Zorro.

lundi 26 avril 2010

Rurutu : ce soir 20h30 sur France 5






Trois, parmi beaucoup d'autres extraits de presse qui encense le magnifique reportage de Jean-Michel Corillion : Terre Natale, Retour à Rurutu.
Même si l'adoption en Polynésie n'xiste presque plus, même si elle ets tout à fait particulière, ses particularités peuvent nous aider à mieux comprendre l'adoption dans son ensemble !

dimanche 25 avril 2010

Demain 20h30 France 5

video

A montrer à vos maris pour achever des les convaincre

vendredi 23 avril 2010

Brèves de consults : Spéciales Haiti.

On parle de moins de Haïti, des enfants et des familles dans l'attente, dans la presse... mais aussi dans mon blog.
Mais pourtant cela occupe toujours une grande partie de mon temps, car je vois encore beaucoup de "petits rapatriés" et leur famille qui débarquent.

Deux brèves qui ne datent que d'hier mais qui m'ont foutus en rogne (costaud, costaud, costaud la rogne). Et c'est toujours le même problème des gens sans expérience qui balancent du n'importe quoi, s'approprie le rôle des parents, généralisent, etc, etc...

Voila les deux petites phrases qui tuent :

"Il ne leur reste que la nourriture : ne la changez pas !".
Dit par un professionnel dans un lieu sensé être spécialisé dans l'accueil des enfants adoptés (dont les parents ont suivis aveuglément ce conseil et je ne les en blâme pas). La suite de cette phrase, ça a été de conseiller un régime riz et bananes exclusivement pendant 15 jours, mais (cerise sur la gâteau, plutôt que dans l'assiette) comme l'enfant était dénutri on a juste rajouté des solutés hypercaloriques !
Quand j'ai entendu cela, j'ai dû quasiment m'excuser auprès des parents tellement j'étais énervé.
Pour moi c'est du même niveau que si on leur avait dit : "Faites venir un bulldozer chez vous qu'il casse la maison et achetez vous une tente de la Croix Rouge pour dormir pour ne pas le dépayser" !
Ils sont dénutris depuis leur naissance, encore plus depuis le tremblement de terre, faut les mâter d'emblée, donc on continue. Génial, alors qu'ils auraient besoin de dévorer pour rattraper dès que possible, alors qu'il serait bon qu'ils aient une alimentation diversifiée riche en vitamines, protéines, éléments essentiels on les enfonce dans leur carence. Comme on a un peu honte, on rajoute un truc infect bien artificiel avec plein de bons goûts chimiques pour bien l'habituer au coca et autres saletés !
Pourquoi les parents ont arrêtés vite cela, car leur petit bonhomme qui se tapait le riz la banane et la petite bouteille de machins hypercaloriques, il voyait ses parents qui se gavaient avec la viande, la salade, les légumes, les fraises, et il leur a fait comprendre.
Pas cons les bébés !


"Il ne peut pas aller bien c'est une bombe à retardement !"
Ce gros père (excuse-moi bonhomme, mais entre rondouillards on s'apprécie), il m'a bien plu. Il a vécu la séparation avec ses parents bio, il a vécu du temps dans un orphelinat (un des meilleurs de PaP quand même), le tremblement de terre, et tout et tout, mais il va bien. Il avait eu la chance de rencontrer ses parents en octobre là-bas, et dès qu'il les a vu à Orly en janvier, il était tout joyeux et leur a tendu les bras. Depuis son comportement est bon, joyeux, méfiant avec les docteurs qui veulent l'examiner, encore plus avec les infirmières qui veulent le piquer, complice avec sa grande soeur. Il a déjà bénéficié d'un bilan (presque) complet qui ne retrouve pas de soucis majeurs. Pourquoi ses parents ont-ils fait 600 km dans la journée d'hier pour me voir ? Parce qu'on leur a dit cette petite phrase. Qui ? Une professionnelle de l'adoption ! Je ne jette pas la pierre à cette dame, même s'il semble qu'elle a particulièrement insisté, la preuve elle a beaucoup inquiété les parents. Mais vous comprenez peut-être mieux ma colère contre l'article de France Soir d'il y a quelques semaines où quelqu'un qui ne suit pas d'enfant adopté mais qui n'hésitais pas à se présenter comme tel disait que tous les "enfants du séisme" allaient mal. Je me doutais que de telles déclarations allaient créer de tels soucis inutiles, c'était ça la bombe à retardement.
Soyons prudent, je pense que ce gros père continuera à bien aller, mais je reste bien entendu à sa disposition si tel n'est pas le cas, mais ne terrorisons pas les parents !

Et une pub de plus pour le superbe doc de Jean-Michel Corillion.



Cette nouvelle "réclame" est je crois un sacré argument (semble-t-il) pour vous convaincre mesdames, mais il va falloir se battre contre vos petits maris.

Beaucoup sur le blog (ou dans ma vraie vie) face à l'enthousiasme que je déploie pour faire la promo du documentaire "Retour à Rurutu", m'ont exprimé leur embarras car à la même heure sur la chaîne du Coca-Cola, il y aurait un docteur pour de faux mais il a des beaux yeux gnagnagnagna lalère.

Moi je ne sais pas, mes critères de beauté masculine sont assez limités, et les feuilletons médicaux me donnent des boutons (ce qui nuit à mon teint de pêche) !

Et puis, grande nouvelle, à la place du docteur chéri de ces dames : ce soir là sur la chaîne Coca-Cola : il y a des manchots illétrés, grassement payés qui pousseront la baballe avec les papates de derrière !

Peut être que vos maris du coup voudront voir la chaîne Coca-Cola, voici les arguments (testostéroniques) que je vous propose :
1- "Quoi chéri, du foot, mais tu oublies que le seul vrai sport viril c'est le rugby, ça c'est des hommes ! Commment peux-tu apprécier ces comédiens qui se roulent dans l'herbe au moindre petit bobo ?"
2- "Et puis vraiment quand on écoute l'actualité récente, je me demande vraiment comment tu peux les soutenir ? Une conduite comme la leur te semble exemplaire ?"
3- "Tu sais le reportage, il est bien et en plus il est présenté par la journaliste, de Soir 3, tu sais celle qui a des superbes yeux, enfin je crois car moi mes critères de beauté féminine, ils sont limités... mais elle est en photo sur un blog..."

Si ça ne marche pas avec tout ça, je mange mon chapeau !

mercredi 21 avril 2010

Une interview de Jean-Michel Corillion

Jean-Michel est mon ami, pour l'instant que virtuel, mais j'ai vraiment apprécié nos échanges quand il me demandait mon avis avant le tournage de ce film, puis quand il m'a envoyé le DVD du dit film.

Quel film eh bien celui qui passe mardi à la télé (France 5 20h35), j'insiste mais je suis presque sûr que vous ne serez pas déçu.

JMC est vraiment le grand spécialiste du doc anthropologique, dommage que son chef d'oeuvre arrive si tôt... mais il y aura d'autres chefs d'oeuvres, je ne déséspère pas dans cet homme.


1/ Pourquoi avez-vous eu l’idée de réaliser ce documentaire ?

À plusieurs reprises et durant deux décennies de voyage aux quatre coins du monde, j’ai été témoin d’histoires qui m’ont véritablement bouleversé. La première eut lieu sur l’île aux Orchidées, une petite île au sud de l’île de Taiwan. Je réalisais un documentaire sur la minorité ethnique Yami, et fus témoin d’un retour sur sa terre d’un jeune Yami de 19 ans, arraché de son sol pour des raisons médicales à l’âge d’un an, et qui revenait pour la première fois à la rencontre des siens.
La deuxième fois, ce fut en Indonésie, sur l’île de Sulawezi. Là, un jeune Toraja revenait pour la première fois dans son village pour assister aux funérailles de son grand-père. Encore une fois, mon sujet du moment ne me permettait pas de m’arrêter sur le destin peu commun de ce garçon, parti à l’age de 5 ans pour poursuivre par la suite de brillantes études à Jakarta. Enfin il y a quatre ans, je fus « propulsé volontaire » au coeur de l’Amazonie, pour y rencontrer l’ethnie Matis. Une fois de plus, dès mon arrivée dans cet endroit excessivement reculé, j’ai assisté au retour d’une jeune Matis, né d’une mère Matis et d’un père Brésilien (de passage), enlevé par son père à l’âge d’un an, et qui revenait pour la première fois embrasser celle qui l’avait mis au monde, celle qui depuis son départ vit dans l’attente, presque nue, sous le couvert d’une épaisse forêt…
Ces trois histoires m’ont fait prendre conscience de la richesse qu’elles contenaient, de l’absolue nécessité de m’y intéresser, et l’idée de suivre un ou plusieurs individus de retour sur leur terre natale ne m’a jamais quitté … jusqu’au jour où j’ai rencontré Maéva et Etéroa, deux jeunes Polynésiens en quête, eux aussi, de vérité …

2/ Dans quelle circonstance avez-vous rencontrez Maéva et Étéroa ?

Les aventures humaines fortes que l’on fait partager aux spectateurs par le biais du documentaire sont rarement le fruit du hasard ! On y réfléchit pendant des mois, parfois des années, et puis sans savoir pourquoi un coup de pouce du destin vous fait basculer soudainement du rêve à la réalité…
Un jour, je reçois le message d’une de mes amies qui habite une petite île de Polynésie. Elle me dit avoir rencontré une femme d’un certain âge (à qui elle portait des médicaments), et à cette occasion avoir appris au cours de la conversation que cette femme avait confié à leur naissance deux de ses enfants à un couple d’enseignants, aujourd’hui en métropole.
Coup du sort, cette « Mama » lui annonce dans la foulée qu’elle va bientôt les revoir, enfin, après 20 longues années d’absence !… Quelques semaines de recherche plus tard, me voilà, la gorge serrée, chez la famille Grémilly. Je fais la connaissance d’Anne-Marie et de ses deux enfants adoptés, Maéva et Etéroa. Je comprends de suite qu’il se passe quelque chose ! Malgré un accueil chaleureux, je vois bien que l’ambiance est excessivement pesante, que les enfants sont très perturbés, tourmentés au point de ne plus jamais sourire, et que leur mère est dans l’impasse. Midi et soir, le sujet de conversation est toujours le même, Maéva et Etéroa ne veulent qu’une chose, une seule, partir dès que possible à la découverte de leur terre natale ! Je suis profondément touché par leur histoire, je décide donc avec leur plein accord de les suivre…
Par chance, l’île dont ils sont originaires m’est familière. J’y ai déjà réalisé deux documentaires, y ai séjourné plusieurs mois, et c’est « en terre connue » que je m’apprête à partir. Coup du sort ou simple fatalité, j’ai aujourd’hui cet immense avantage sur Maéva et Etéroa, je connais leur île et ses habitants, je connais leur histoire, je connais leur culture. Je ne serai donc pas un simple spectateur, mais bien « un voyageur expérimenté » connu et reconnu des habitants de l’île, et qui les accompagnera du mieux qu’il pourra ! Pas question pour autant d’agir et de dévier deux destinées, simplement d’être là, respecté et accepté de tous, pour suivre au mieux cette aventure, au bout du monde…

3/ Pouvez-vous nous parler de la proximité « toute particulière » que vous avez eu avec les personnes que vous avez filmées ?

Le documentaire tel que je l’envisage est synonyme de partage. Il ne peut en être autrement. Depuis de nombreuses années je me suis rapproché des hommes, de leur histoire, de leur mode de vie, et pour tout dire l’ethnologie me dévore un peu plus chaque jour. Aujourd’hui, une fois encore, je veux mettre à la disposition de ce film une expérience de vingt ans. Je sais maintenant qu’on ne peut pas tricher avec la vie des autres, car elle est précieuse, qu’elle ne se révèlera au grand jour que si l’on sait se révéler soi-même. Filmer l’autre, c’est surtout avoir le courage de se mettre à nu devant lui. Les défaillances doivent être réciproques, et partagées. Chaque documentaire est une épreuve qui fait grandir, une page de sa propre histoire et de l’histoire de l’autre qu’on ne peut pas effacer.
Maéva et Etéroa ont accepté que je les accompagne. Leur maman y est très favorable également. Il semble que nos destins font à présent route commune, car durant de très nombreuses conversations et entrevues nous avons appris à nous connaître, nous avons laissé le temps au temps. Encore une fois, il n’est pas nécessaire de bousculer l’histoire pour qu’elle s’écrive sous nos yeux. Nous sommes des êtres de chair, nous vivons, nous souffrons, nous espérons aussi.
L’espoir est capital, dans tous les rapports humains il en est le ciment. Je crois que j’ai beaucoup à apprendre de ces deux adolescents, je pense qu’ils attendent aussi beaucoup de moi . je sais qu’il me faut nouer avec eux une véritable relation de confiance basée sur le partage, l’écoute et le respect, sur la patience et l’accompagnement. C’est à ce prix qu’au fil des jours, et des semaines, ma caméra se muera en une compagne attentive, et les propos recueillis sous la forme d’interviews témoigneront tout au long du film de ce degré d’intimité créé ; au point que cette même caméra sera partie prenante de la mise au monde d’une « femme nouvelle » et d’un « homme nouveau »…

4/ Pourquoi « Rurutu, Terre Natale » est-il un documentaire si important pour vous ?
Tous les documentaires ne peuvent être des porte-drapeaux, fort heureusement d’ailleurs. Pourtant certains d’entre eux le sont naturellement. J’ai vite compris que « Rurutu, Terre Natale » était un de ceux-là, un de ces films qui peuvent radicalement changer la vie des hommes ! C’est en échangeant par téléphone, lors de la préparation de ce film avec un médecin de Dijon, que je l’ai compris. Ayant adopté plusieurs enfants polynésiens, ce chef de service très engagé dans les problèmes d’adoption m’a tout de suite sensibilisé sur le fait que beaucoup de parents ayant adopté refusaient catégoriquement ce retour des enfants sur leur terre natale. Plus étonnant encore, beaucoup d’enfants adoptés n’osent aujourd’hui franchir le pas, par peur de l’inconnu, par peur qu’on les retienne là-bas, à jamais ! « Dans un cas comme dans l’autre », m’a dit ce médecin, « c’est une tragédie !. Des documentaires sur ce sujet comme celui que vous envisagez de réaliser sont bien trop rares. Je milite et encourage ce genre d’entreprise, car il faut multiplier les exemples, fournir aux incrédules matière à réflexion, même si on ne connaît pas à l’avance le déroulé et l’issue de chaque histoire… ». Maéva et Etéroa seront un exemple, j’en suis persuadé. Quoi qui se passe, ils ont déjà fait un grand pas vers leur avenir en décidant, avec les encouragements de leur mère, d’affronter leurs peurs…

5 / Vous avez optez pour un commentaire « minimaliste ». Pouvez-vous vous nous expliquer ce choix ?
Tenter de maîtriser un sujet comme celui-ci, c’est accepter d’emblée de se mettre en retrait. Ainsi j’ai fait le choix de structurer ce documentaire autour des propos des deux adolescents , recueillis tout au long du tournage. Cette décision m’a été imposée par le sujet lui-même, car il ne peut y avoir de « vérité vraie » que si l’on donne la parole à ceux qui vivent l’histoire. Pour moi, il ne peut en être autrement, surtout si Maéva et Etéroa deviennent a postériori et à leur manière « des référents ». Quotidiennement, nous les avons interrogé, avons tenté de capter leurs émotions, leur ressenti, leurs joies, leurs peines, et peut-être même leur désillusion, leur incompréhension. A aucun moment je n’ai porté un quelconque jugement, pour laisser le spectateur vivre l’histoire au travers des yeux des adolescents. C’est ainsi que j’ai pu sans doute saisir l’émotion, et à présent chacun de nous peut vivre cette aventure en se disant perpétuellement « et si c’était moi ? ». Il en a été de même pour toutes les personnes que Maéva et Etéroa ont rencontré. Les deux mamans et leur point de vue respectif ont été, pour Maéva et Etéroa, ainsi révélés au grand jour à l’issue de leur voyage. Pour chacun d’eux, et pour tous les participants il y a eu « la rencontre ». Par la suite, et c’est capital, ils ont découvert le film. Je pense en particulier à Anne-Marie, la maman adoptive, qui a fait le choix judicieux et légitime de ne pas accompagner ses enfants, pour ne pas les détourner de la vérité…

6/ Pourquoi l’histoire de Maéva et d’Étéroa est-elle si exceptionnelle ?
Pour toutes ces raisons, on l’a compris, « Rurutu, Terre Natale » n’est pas une histoire comme les autres. C’est pour cela que j’ai choisi d’en faire un documentaire, car c’est une histoire « hors du commun ». Derrière une simplicité apparente se cache un sujet complexe, sensible, une myriade de sujets, tous plus passionnants les uns que les autres. Non, ce n’est pas un simple « retour aux sources » que nous avons filmé, pas plus qu’une simple histoire d’adoption, une de plus, pourrait-on dire. Et c’est tant mieux ! Au côté de Maéva, Etéroa et leur famille, nous avons eu la chance d’être au c¦ur de rapports humains à la portée universelle. Savoir d’où l’on vient pour mieux se construire, s’apercevoir qu’on n’est pas seul au monde, retrouver des valeurs fondatrices, appréhender l’inconnu, apprendre à se débrouiller seul et s’émanciper, sans un frère qu’on a surprotégé ou une s¦ur qui vous a étouffée, utiliser ce qu’on a toujours considéré comme un handicap pour en faire un atout singulier, être maman et puis mère, accepter l’idée que les enfants ne vous appartiennent pas, et les laisser partir et vivre leur vie d’adulte, en somme apprendre à « devenir une femme, et devenir un homme »…

Jean-Michel Corillion
Réalisateur

Une bonne proposition de l'APAEC

Cette sympathique association me parle de cet évenement, que je fais suivre.
Je regrette que cette soirée soit reservée au parigots. A quand une tournée dans la vraie France, je suis prêt à y tenir un petit rôle..... vu le nombre de mauvaises langues sur ce blog, le rôle sera de composition... car vu le nombre de cocus dans les pièces de Feydeau !





Amis du théâtre, du sourire et des enfants de Colombie.

On vous en a parlé il y a quelques semaines. Ca se précise !

L’APAEC, FEYDEAU ET L’AIDE AUX ENFANTS DE COLOMBIE

En 2005, grâce à la troupe « Les Fous du Roi », qui avait offert une soirée théâtrale à l’APAEC, nous avons financé un équipement complet d’odontologie à Fisulab, une association de Bogotá traitant des enfants nés avec un bec de lièvre.

La contribution financière des spectateurs présents ce soir-là et les dons recueillis à cette occasion ont permis de commanditer, en supplément, les soins apportés par Fisulab à Lisbeth, filleule de l’APAEC devenue aujourd’hui une belle jeune fille (voir photos sur notre site www.apaec.org

Cette année, l’amitié d’une autre troupe nous permet de poursuivre notre aide auprès de cette fondation colombienne, en leur apportant un matériel supplémentaire pour encore mieux traiter ces enfants issus d’un milieu défavorisé.

Le vendredi 4 juin prochain, au théâtre de l'école St Pierre, avenue Achille Peretti à Neuilly, la compagnie « Gaz à tous les étages » jouera donc trois pièces en un acte de Feydeau : « Hortense a dit je m’en fous », « Dormez, je le veux » et « Gibier de Potence ».

Prix des places : 20 euros, pour 2 heures de joyeux spectacle.... et plus si affinités.

L’entrée n’est évidemment pas exclusivement réservée aux membres de l’APAEC, et vous pouvez (et devez) donc proposer à tous vos amis de vous y accompagner afin de passer une soirée de rires et d’amitié, tout en réalisant une action humanitaire de qualité.

Avant le spectacle et lors de l’entracte, vous pourrez également apprécier des produits gastronomiques et artisanaux colombiens.

Pour réserver vos places dès maintenant (la salle n’étant pas extensible !), envoyez votre inscription; accompagnée de votre chèque établi à l’ordre de l’APAEC, à

Anne-Catherine Giroux

APAEC
80 Rue Spontini
75016 PARIS

ac.giroux@yahoo.fr

Si vous ne pouvez venir ce soir-là, mais désirez toutefois aider l’APAEC à aider Fisulab, envoyez vos dons à la même adresse, en précisant dans votre envoi « don pour Fisulab ».

C'est avec un énorme plaisir que nous vous y attendons, pour que des enfants puissent avoir leur chance dans la vie .

Haiti : questions pratiques sur les bêbêtes.

Je reçois des tas et des tas de mails sur les parasites qui sévissent en Haïti et qui ont encore plus touchés les petits rapatriés car ils ont encore plus souffert du manque d'hygiène.

Pour les parasites intestinaux, ils en ont tous, même si on ne les trouve pas dans les analyses (les bestioles de là-bas au labo de Trifouilly-les-oies, ils en ont jamais vus, alors quand ils en ont ils ne les voient pas, c'est normal et tout à fait excusable), ils sont remplis de parasites intestinaux jusqu'à ras bord.
Dire : "On n'en a pas vu dans les analyses, donc il n'y en a pas !" est une hérésie à mon avis.
Donc je fais faire les parasitologies des selles à la recherche de bestioles plus rares (anguillule par exemple) ayant besoin de traitement spécifique, même s'il n'a rien, je donne mon fameux cocktail haitien : 1/3 de sucre, 1/3 de rhum, 1/3 de citron... Euh non pas celui-là.

FLAGYL : 40 mg/kg et par jour pendant au moins 5 jours (pour les parasites microscopiques).
FLUVERMAL : 1 cuillère à café matin et soir pendant 3 jours (pour beaucoup de petits et gros vers).
BILTRICIDE : 20 mg/kg en une prise unique (spécial pour Haiti et son fameux petit ténia qui répond au joli nom d'Hymenelopis nana - ce n'est pas une blague). On me dit souvent qu'il est dégueu, mais c'est le plus efficace et le plus pratique.


Sinon il y a la gale et la teigne mais ça, je vous conseille vraiment vraiment de ne pas passer à côté et de voir des gens qui ont de l'expérience.

Merci Marcel

Vous avez nombreux à me dire que ce week-end, dans "Femina" ou "Version femme", le magazine qui accompagne la plupart des journaux régionaux le samedi (et qui serait le magazine féminin le plus lu en France) on parlait de moi.

Pour ceux qui comme moi l'aurait raté, j'essaie depuis deux jours de trouver un lien introuvable et mes connaissances en informatique qui restent médiocres n'ont pas encore permis de vous joindre en photo... je ne désespère pas, je vais réessayer.

Il s'agit d'une interview d'un personnage que j'aime bien, pour son humour, sa passion du rugby, mais aussi parce qu'il est un sacé pédopsy. Il a un peu révolutionné cette discipline et pour avoir été interne et chef de clinique dans le service de pédiatrie qui accueillait "ses" anorexiques, je peux vous dire que son équipe et lui était balèses pour gérer ces gamines bien particulières.

Mais l'adoption n'est pas sa grande spécialité, je l'avais déjà accroché il y a quelques mois sur le blog, lorsqu'il avait parlé du "prénom" des petits adoptés.

Avec la généralisation, un des gros dangers de l'adoption, c'est que tout le monde en parle mais sans parofis tout connaitre. Ma conclusion principale pour tout ce qui s'est passé depuis 3 mois en Haiti, c'est que si cela a pu tourner parfois au n'importe quoi, c'est surtout car on a trop fait appel à des gens qui ne connaissaient pas grand chose à l'adoption, qui se sont émus, on fait de grandes découvertes et tiraient de grandes conclusions qui ont pu faire du mal et amener à une mauvaise prise en charge : l'arrêt des rapatriements, des conseils inapropriés, la multiplication des "bras intermédiaires", etc...

Pas mal de bonnes choses dans l'article de Marcel quand même, même s'il me semble un peu ancien car certains sujets évoqués sont un peu moins d'actualité. Mais aussi d'autres choses qui m'ont un peu ennuyées.
Ma surprise c'était aussi de voir étalé au grand jour les réunions que nous avons eu en janvier, avec différents responsables très haut placés de l'adoption, ces réunions sont décrites dans l'encart en bas de page : la réléxion avant l'action. Personnellement l'action je l'attends avec impatience.
MArcel y jouait le rôle du stimulant, du faux naïf et il nous a franchement bien aidé à faire avancer le dossier.

Le Pour :
Déjà son article est pour dire combien les consultations spécialisées sont utiles, il décrit les rôles détaillés que doivent avoir ces consultations (ce que nous lui avions expliqué avec Jean-Jacques).
Il nous cite gentiment tous les deux comme les pionniers de ces consultations.
Il rappelle des vérités sur l'adoption (le fait qu'elle n'est pas simple par exemple).
Il rappelle les soucis des "enfants du séisme".
Que le drame de Haïti et les raptriements ont soulevés tous les problèmes de l'adoption de manière aiguë.
Il dit en conclusion que nos consultations pourront rassurer les pays d'origine, ce n'est pas du futur, j'ai pu le constater à Madagascar.

Le Moins Pour :
Déjà le titre et le sous-titre annonce que l'amour ne suffit aps et que c'est le nouveau credo de Marcel. C'est vrai, c'est une nouveauté pour ceux qui ne connaissent pas l'adoption, mais il y a 10-15 ans quand je commençais à ,plonger dans l'adoption, c'était déjà un slogan très très à la mode !
C'est très flatteur d'être cité ainsi par une personnalité, comme pionnier mais quand on lit le nom suivant et que l'on découvre quelqu'un qui n'a que rarement vu des enfants adoptés, et qui a dit dans la grande presse (si on peut appeler France Soirt la grande presse) du n'importe quoi sur les enfants haïtiens, l'enthousiasme retombe très vite ! Cela m'a fait le même effet que s'il rendait hommage aux pionniers de la poésie française : François Villon, Dick Rivers et Joachim du Bellay !
Je suis moins enthousiaste sur ses positions sur le sas et encore plus la durée qu'il propose (3 semaines sur place pour les enfants).
Pareil pour l'éternel refrain, la convention de La Haye lave plus blanc même si je suis bien d'accord que dans CERTAINES (ce mot est primordial) créches haïtiennes tout n'est pas bien beau !
Un peu effrayé aussi par le discours sur la présence de juristes dans les consultatations d'adoption ?!?!?! Qu'on leur donne déjà le moyen d'exister aux consultations, au prorata des services qu'elles rendent, ne généralisons pas et arrêtons de disperser la prise en charge des enfants adoptés, si en leur faisant consulter un spécialiste de l'adoption, on peut leur faire éviter de voir une noria de spécialsites d'un coup : celui des patholgies infecteiurses, celui de la nutrition, celui de la croissance, celui de la puberté, celui de la psychologie, celui de choses ou d'autres, c'est bien.

Merci sincèrement Marcel de nous soutenir, merci de faire notre pub pour nous permettre (peut être) de survivre, mais rappellons combien il est utile de parler d'adoption avec prudence, de ne jamais généraliser, de jamais se servir des enfants et de leurs malheurs pour défendre telle ou telle théorie, cela nous aurait évité bien des désagréments, et encore plus aux enfants apparentés en Haiti ! Et si Haiti a bien montré combien les consultations d'adoption étaient utiles, il serait indécent de s'en servir pour notre suele cause bien utile.

Et puis tout ce que nous nsavons, nous le savons grace aux enfants, aux familles que nous rencontrons. Croire qu'il suffit d'écrire sur une consultation (ou un sas) spécialiste de l'adoption est bien naïf, croire que parce qu'on voit 20 ou 30 enfanats adoptés chaque année on est un spécialiste du sujet est tout simplement FAUX.

mardi 20 avril 2010

Rappel dans 6 jours : mardi soyez devant vos petites lucarnes




Vous allez finir par me trouver lourd. Mais j'ai eu comme un petit rappel, hier en sortant de garde et en allant chercher de quoi faire une salade niçoise pour ma petite famille (vous saurez tout !) on m'a donné ça chez le Big Brother de la consommation.

Polynésie destination de rêve (souventle premier prix d'un concours) ? D'où l'intérêt de retourner sur sa terre natale comme le dit ce documentaire.

Bon, je sais je manque cruellement d'objectivité, mais même si l'adoption en Polynésie est devenue exceptionnelle, sur le plan anthropologique, elle permet de comprendre beaucoup de choses.
L'histoire de Maeva et d'Eteroa ne ressemblera sans doute pas à l'histoire de vos enfants, mais elle est suffisamment significative pour éviter de parler à tort et à travers d'abandon... sans négliger une fois encore les douleurs ou les interrogations (ces dernières bien évoquées dans ce doc) de la séparation.

PS : contrairement à la publicité du géant de la conso, le voyage en Polynésie virtuel que je vous propose il est mardi 27 (20h30 et quelques sur France 5).

vendredi 16 avril 2010

Mardi 27 avril 20h30 France 5



C'est l'heure où il faut programmer vos magnetoscope, enregistreur, et kleenex.
Vous pourrez alors voir Terre Natale, Retour à Rurutu.
Le magnifique documentaire de mon ami Jean-Michel Corillion passe à la TV. Je vous l'avais déjà présenté.
Je l'ai revu hier (je vous nargue parce que j'ai déjà le DVD) : l'émotion était intacte et je ne crois pas avoir déjà vu un aussi beau reportage sur l'adoption.
Merci à Jean-Michel de ce film magnifique.
Merci à Maeva, Eteroa, et leurs deux mamans de nous avoir fait partager cette émotion.
Merci à France 5, de penser à autre chose qu'à l'audimat.

Encore une belle preuve de ne pas utiliser le mot abandon à tort et à travers.

mercredi 14 avril 2010

Il faut bien que jeunesse se passe, et supporter patiemment que celle des autres se passe de nous.

C'est fait, je suis vieux !

200° billet, au bout de deux ans, ça méritait bien un message Hello Kitty, où l'adoption n'est pas trop envisagée.

Tout ça pour vous dire que j'ai eu hier, un sacré coup de vieux.

Quand est-ce qu'on vieillit ? Pour certains c'est au moment de leur anniversaire, pour d'autres c'est quand ils passent aux verres progressifs (mon cas dans quelques jours), ou quand ils commencent à avoir mal au dos (mon cas depuis quelques semaines), ou alors quand ils arrêtent de rêver (pas encore mon cas).

Depuis longtemps, j'avais fixé une limite au moment où je deveindrai un vieux pédiatre : j'imaginai le jour où je donnerai des soins à un enfant qui serait le fils ou la fille d'un de mes anciens patients.
Et ben c'est fait ! Ces jours-ci a été hospitalisé dans mon service un très beau bébé dont j'ai suivi la maman (maintenant jeune adulte) dans le cadre de la consultation d'adoption.

A cause d'eux deux, j'ai pris un sacré coup de vieux, mais je vous avoue que je suis ravi que ce dur coup me soit porté par une de mes "petites" patientes, pour laquelle j'avais beaucoup d'amitié et de tendresse.

Allez, après Marcel Pagnol en titre, un petite phrase d'Anatole France : "Ne perdons rien du passé. Ce n'est qu'avec le passé que nous fait l'avenir."

mardi 13 avril 2010

Lectures

De retour de vacances, beaucoup de choses à lire, mon courrier pro, vos commentaires (pas encore fini ceux-là) etc, etc...

Et puis on m'a confié par différentes voies et à différentes reprises quelques articles qui me font lever quelques interrogations ou commentaires :

Un qui me fait m'interroger et pour lequel j'aimerai savoir si des OAA françaises sont concernées (ce que je n'espère pas !).

Un publié dans le Monde, pour lequel je ne ferai aucun commentaire, et je préfererai ne pas en lire de votre part, tant que la situation ne sera pas plus claire, je le soumets à votre sagacité pour vous dire combien il faut être prudent. Juste une chose, je tiens à dire aux parents de ce petit garçon que quelque soit l'issue, l'évolution, je comprends leur souffrance et leur inquiétudes.

Un autre chez Zench, désespérant, qui montre pourquoi, il faut se battre pour un agrément de qualité et un vrai accompagnement pour les familles adoptives !

Un dans le JDD, qui m'inspire plus de désolations, sur les élucubrations un peu simplistes de cette brave dame tout juste sortie de Point de Vue et Images du Monde (même si je pense qu'elle fait de bonnes actions humanitaires). Plus que la brav'dame d'ailleurs, on peut se poser des questions sur le journaleux, son intérêt de faire parler la dite madame sur un sujet où sa maaldresse montre qu'elle n'a pas tout compris, et sur le choix du titre de l'article !


Enfin un de PLS que beaucoup d'entre vous connaissent bien !
Quitte à ne pas être populaire il y a beaucoup de choses vraies et j'aurai préféré entendre cela sous forme d'un appel à la discussion plutôt qu'une condamnation (pas toujours honnête) après sa visite à Orly (qui a eu les conséquences que l'on sait).
Pour sa réponse à la première queston, il y a du vrai et on doit s'inquiéter sur le devenir à court, moyen et long terme des enfants adoptés dans ces circonstances tragiques, précipitées, mais le risque sanitaire qui pèse sur les enfants doit être mis en balance, son coeur ne balance pas puisqu'il n'en parle jamais.... le mien non plus !
Pour ces opinions pour la Convention de La Haye, ce machin comme je le surnomme (la CLDH, pas PLS) c'est un bon principe, des idées généreuses, mais faite par les pays riches pour les pays riches, elle ne tient pas compte des particularités des pays d'origine. Mais surtout il est sûr qu'elle lave plus blanc ..... parmi ceux qui l'ont signée, il y a eu les pays où se sont passés les pires choses en terme d'adoption, et inversement (l'inversement est encore plus vrai), croire que la CLDH rend tout plus propre est bien naïf, même si elle peut et doit y contribuer.
A propos de la question sur les échecs, à part ses chiffres, un peu exagéré ou qui correspondent à sa consultation (mais va-t-on le consulter si tout va bien ?), je suis bien d'accord, il ne faut pas nier les échecs, pas les éxagérer non plus.
Même remarque à propos de l'agrément, il faut que celui-ci ne nie pas son rôle de garde-fou mais là aussi ses chiffres sont à mon avis exagérés.
D'accord aussi avec son dernier paragraphe.
Par contre, par contre, par contre, en dehors de critiques fortes de ma part sur sa rapidité à généraliser (et oui je me répète, mais cet ennemi qu'est la généralisation est terrible). Pourquoi n'a-t-il parlé que des quelques familles "cata" qu'il a vu à Orly ? Pourquoi ne dit il pas qu'après quelques semaines la grande majorité des "petits rapatriés" vont bien (même si je continue à conseiller un suivi plus poussé pour ces p'tits-là)...
Et encore plus de "par contre", si je ne nie pas tous les soucis, j'en ai un peu ras le bol que dans l'adoption, la réponse à la mode en ce moment soit l'interdiction, la condamnantion, (c'est trop fastoche).... l'accompagnement, les soins et plus encore la prévention ne sont-ils pas plus utiles ? Moins fastoche, mais j'aime mieux faire ça, d'ailleurs j'y retourne...
Juste avant d'y retourner, un grande vérité du doc du blog : l'adoption en individuel, l'adoption par des célibataires, l'adoption dans certains pays plutôt que d'autres, sont pour moi des facteurs de risque, c'est certain, j'ai des chiffres mais dans tous ces cas, il y a des familles formidables (et pas seulement des cas isolés), alors on interdit ou on accompagne ?

Abandon et à bandons.

Ce billet est un peu la suite du billet ...laisser partir... et vous expliquera mieux pourquoi j'utilise avec précaution le mot abandon.
Je ne vais pas encore dévoiler les neuf causes de l'adoption (de la séparation) car c'est le fruit d'une lourde étude, que je vais bientôt publier dans une revue scientifique, promis-juré dès que c'est publié vous l'aurez sur le blog.

Pour la dix-millième fois, je répète que le grand ennemi de l'adoption est la généralisation, le spécialiste qui a vu 10 enfants adoptés, dont 5 ont le même problème, va proclamer que le cas de 5 enfants touchent au moins la moitié de TOUS les enfants adoptés.
Certains parents (quand ce ne sont pas la belle-mère de la concierge de la cousine du voisin de palier de la nourrice par alliance d'un enfant adopté) ont une grande tendance à généraliser le cas de leur petit. C'est compréhensible, quand c'est son petit, surtout si on est dans l'inquiètude, le désarroi, en généralisant, on se sent moins seul... c'est un peu moins compréhensible quand cela vient d'une belle-mère de..., et encore pire de la part d'un journaliste ou d'un spécialiste auto proclamé qui passe à la TV, ou dans France Soir !

Depuis longtemps, j'ai refusé ce terme abandon, trop restrictif et surtout trop nocif. Je me suis fait pas mal d'ennemis à cause de celà, dans des associations de parents par exemple. Les accusations étaient un peu simplistes, du style qu'en niant ce terme, je refusai la souffrance de l'enfant d'être abandonné(ben voyons !).
La cause initiale de mon refus d'utiliser le mot abandon, était mon expérience polynésienne (comme papa et comme anthropologue) : dire à une mère polynésienne qu'elle abandonne son enfant, c'est faux et c'est l'injurier de la plus grave des façons. Le terme utilisé là-bas est celui de don, je l'ai un peu utilisé, mais il est trop ambigu : car on pense don de l'enfant alors que c'est don fait à l'enfant qui serait le plus proche de la réalité.
Depuis j'utilise surtout le terme séparation, et il correspond à toutes les causes, un enfant orphelin, un enfant abandonné (car certains le sont véritablement), un enfant "laissé partir" sont des enfants séparés (de leurs parents bio). Je ne nie absolument pas la souffrance de cette séparation, mais j'appelle un chat un chat.

Dire que tous les enfants adoptés ont été abandonnés est simpliste, le plus souvent un abus de langage, parfois aussi, une manipulation : bien pratique pour justifier certaines de ses carences ou pour vendre ses livres de dire que tout est à mettre sur le dos de l'abandon.

Mais au fait qu'elle est la définition d'abandon ?
Ouvrez les petits Larousse, Robert, Littré de votre choix, et vous trouverez presque toujours la même chose : laisser quelque chose ou quelqu'un derrière soi, sans ne plus s'en préoccuper !
Est-ce le cas des mamans haïtiennes qui "laissent partir" leurs enfants et qui en demandent des nouvelles, est-ce le cas de tous les accouchements sous le secret, de tous les parents qui demandent l'adoption de leurs enfants pour le mettre à l'abri ou lui permettent des soins qu'il ne pourra avoir dans sa famille bio, dans son pays de naissance ?

Il y a un autre terme que j'aime bien, c'est l'expression médiévale : "à bandons".
Donner quelque chose (et non quelqu'un, ce terme était pour les objets) à bandons cela voulait dire : confier quelque chose à quelqu'un afin qu'il s'en occupe. Cela correspond mieux à pas mal de réalités de l'adoption.

Mais le terme séparation reste celui qui correspond le mieux pour moi à un maximum de causes de l'adoption. Si j'utilise pour donner un terme moins nocif qu'abandon, et ne pas dévaloriser les enfants adoptés (et leurs mères biologiques), ce n'est pas seulement pour faire joli, c'est aussi pour mieux coller à la réalité.

jeudi 1 avril 2010

Joselyne et Louis

Dans la rubrique des grands prénoms de l'adoption, voici pour la première fois un couple.

Couple virtuel, mais vraiment bien uni dans l'action et le développement de leur association, la seule association en rapport avec l'adoption dont j'ai été membre.
J'en ai démissionné, lorsque devenant un spécialiste du sujet, j'ai voulu être tout à la fois indépendant et ne pas non plus les impliquer dans mes prises de position...

Démission, bien hypocrite, car quelqu'un que j'aime très fort a continué pendant quelques années à assurer le secrétariat de cette association, quant à moi, je continuais à assurer le rôle bien officieux de "conseiller culturel" (j'aime beaucoup ce terme, dans les James Bond, c'est souvent le méchant dans l'ambassade de Russie).

Quelle est cette association ? Maeva Polynésie bien sûr !

Tout ça pour vous dire, combien je les aime ces deux-là, sans oublier leur fils (virtuel aussi) qui leur a succédé : le petit Jojo !

En dehors des liens affectifs qui nous unissent, même si différents évènements douloureux (le bureau de l'assoc était maudit) dont nous avons été victimes, nous ont un peu éloignés, c'est avant tout à leur boulot que je veux rendre hommage.

Ils étaient une poignée à créer cette APPO dans les années 1990. Comme beaucoup d'associations de l'adoption, comme beaucoup d'accouchements, cela s'est fait dans la douleur. Douleur de ne pas être compris et considéré dans les particularités de l'adoption "à la tahitienne" dans des associations de parents adoptifs. Et surtout la grosse douleur de l'affaire du petit Lionel.

Mais, ce fut, et c'est encore une association joyeuse, festive, les fêtes organisées chaque année en témoignent et la plus grande joie de Joselyne (ne l'appelait jamais Jocelyne si vous tenez à vos yeux) c'était de voir des petites filles qui étaient parties âgées de quelques semaines de Tahiti ondulant les hanches à chaque Tamure. Louis, il préférait voir les petits bonhommes de 3, 4, 5 ans transcendés, avec l'oeil du guerrier (Te Mata Toe) devant les hakas effectués par les groupes polynésiens invités.

En dehors de ces bons moments, ils en ont fait du boulot, pour faire reconnaitre cette forme d'adoption si particulière, mais si instructive...
Jusqu'à réunion spéciale du CSA, où j'étais heureux et fier de les accueillir.

Le nombre d'adoption en Polynésie depuis 10 ans a été diminué par 10. Après Jojo, la relève sera peut-être difficile, mais je suis fier d'avoir adhérer à cette assoc avec une tel couple Président-Vice-Présidente.

... laisser partir....

Je viens d'entendre cette expression, par une grande dame, quelqu'un qui tout à la fois a de grandes connaissances sur l'adoption et de grandes valeurs humaines. Elle restera anonyme encore quelques mois pour des raisons de sécurité et de tranquillité d'esprit.

Mais elle aura droit un de ces jours à un billet rien que pour elle dans la rubrique des grands prénoms de l'adoption.

Ce qui me fait rire, car je ne pensais pas être autant redouté : c'est qu'elle m'a dit, il y a très peu de temps, j'espère ne jamais être dans ton blog, cela m'a fait rire, car c'est vrai que mon carafon chaud-bouillant me fait bien allumer sans prendre de pincettes, surtout en ce moment (cf le message précédent).
Et les deux raisons qui font que je ne suis pas ambassadeur, c'est ma grande diplomatie (et le langage qui va avec) et le fait que lorsque je reçois il n'y a pas de Ferrero Rocher !

Cette super grande dame a été la "chef" de la mission des experts en Haïti, mission dont j'ai failli être, et à qui je rends hommage pour le travail et les conclusions rapides qu'elle a rendue en faveur des enfants, après un boulot dans des conditions très difficiles. Et je dois vous dire que faire cette mission avec une telle chef, cela m'aurait bien plu.

Même, quand on a beaucoup d'expérience comme elle, on en apprend toujours, c'est une des choses passionnantes dans l'adoption.
Une des expériences qu'elle ramène de Haïti, c'est que l'adoption n'est pas forcément lié à l'abandon.

J'en suis ravi pour deux raisons :
1- je ne serai plus seul à refuser cet amalgame adoption abandon, et on se moquera moins de moi quand je remplace abandon par séparation.
2- le terme qu'elle emploie : les "laisser partir" est très beau et correspond à des réalités que j'appelle prosaïquemet dans mes "neuf causes de l'adoption" : les causes socio-familiales et éconiomiques. Je vais adopter ce terme plus poétique...

Pour ma chère Anonyme Zoé

Je commençais à répondre dans les commentaires mais l'immense hommage que nous fait la grande association de bienfaiteurs de venir dans ce blog me force à faire un billet pour leur témoigner toute mon affection.

Entre les consultations, non pas des Brad, Jolie & family, c'était une blague, mais plus de la famille Dursley que j'ai vu aujourd'hui et qui ont beaucoup de mal avec l'enfant qu'ils ont adoptés, et d'autres activités, je n'ai pas pu regarder mon blog depuis hier soir et la publication du billet sur les trafics.

Je découvre tout maintenant...

Merci vraiment à tout ceux qui m'ont défendu gentiment !
Mais n'en faites pas trop, figurez vous que je suis ravi que l'Arche de Zoé soit parmi nous, ça va enfin élever le débat !

Vous savez que plus que l'ostréiculture, le jardinage est mon violon d'Ingres, aussi j'aime bien reprendre les termes de jardinage largement utilisé dans l'adoption (par exemple quand on parle de déracinement, je préfère repiquage). Là c'est mon expérience de jardinier qui me fait accueillir avec joie, notre Zoé anonyme, elle va me faire prospérer.... c'est à cela que ça sert le fumier !

Donc continuez chère Zoé, j'ai pas trop compris l'huitre, mais je suis prêt à être une huitre, un pape ou un papy de l'adoption, si ça vous chante, vos commentaires me réjouissent. J'espère qu'ils reviendront.

Malgré toute la considération que j'ai pour l'Arche de Zoé, j'avoue à ma grande honte que j'ai presque un peu pitié de cette pauvre anonyme quand même, cet acharnement à essayer de se faire passer pour des héros quand on a été les derniers des salauds. Il va vous en falloir des litres de Canard WC.

Une petite parenthèse, le romain qui tourne le pouce vers le bas vis à vis de vous, je l'ai été, et je regrette à ce moment-là de ne pas avoir été César, car vous seriez dans une autre posture.

En juin ou juillet 2007, 3 mois avant l'explosion de votre minable tentative d'enlèvement, j'avais eu quelques coups de fil de l'Arche de Zoé pour me demander si je pourrais voir des enfants rapatriés du Soudan, chose que j'avais accepté, je ne refuserai jamais d'aider un enfant, mais j'avais demandé des précisions car j'y croyais pas trop à ce machin humanitaire sans queue ni tête... bien vite un petit coup de téléphone avait répondu à mes questions précises.

Je retranscris à quelques mots prés, ce coup de téléphone, tel que je l'avais retrasncrit quelques jours après à tous les membres du CSA :
" Lui : 400 enfants du Darfour vont bientôt arriver, nous avons des soutiens qui vous surprendront, cette opération va se faire, certains auront peut être besoin de votre expérience (4 ou 5 pas plus) pourriez vous les voir à leur arrivée ?
Moi : Bien sûr, mais c'est 400, et non 4 ou 5, qui risquent d'avoir besoin de consultations spécialisées, je vois des enfants d'Ethiopie, ils sont souvent pas mal "secoués" à l'arrivée alors qu'ils viennent d'orphelinats à peu près corrects et non pas de camps de refugiés dans un pays en guerre.
Lui : Rassurez vous, tous les enfants seront examinés, et ne seront selectionnés (je ne suis pas sûr de ce mot, mais cela le valait bien) que ceux qui auront un statut nutritionnel acceptable.
Moi : Une autre chose m'ennuie, en tant que spécialiste de l'adoption, je sais que les choses ne sont pas toujours simples avec des familles postulantes bien préparées, qui ont l'agrément. Là les familles qui vont accueillir ces enfants risquent d'être dépassées. Que se passera-t-il s'ils n'acceptent pas ces enfants au bout de quelques mois ou quelques années ?
Lui : Ne vous inquiètez pas, la plupart de nos familles (je ne suis plus sûr de son pourcentage mais je crois que c'était 90 %) ont l'agrément !"

Deux fois il m'a dit de ne pas m'inquièter, deux fois il m'a convaincu : on était devant une tentative d'adoption illicite grave. Le pire a encore dépassé mes craintes de découvrir que les enfants raptés n'étaient même pas soudanais mais tchadiens !

Zoé va me traiter de menteur, je m'en contrefous, j'ai témoigné de tout cela devant pas mal d'autorités bien avant que l'affaire "arrive". Mais surtout, moi pour bien m'endormir, pour de ne pas être réveillé par ma conscience, je n'ai pas besoin d'aller tenter de me justifier partout... et quand je prends ma douche, je n'ai pas besoin de canard WC.



L'huitre.

PS : mon info, comme je viens de le dire, je ne l'ai pas eu devant ma télé, la télé elle m'a fait vomir quand votre chef à peine libéré était invité partout sur les plateaux, j'avais alors écrit un article dans un quotidien national, qui reste un des papiers dont je suis le plus fier. Merci encore Zoé !
La télé, je me souviens aussi d'une image, qui m'avait apportée une grande nauseée, cette image, c'est le regard terrorisé de vos auxiliaires tchadiens quand vous leur annonciez que vous partiez avec les enfants... ce regard, je ne l'ai pas oublié, cela a de la mémoire une huitre !
Le seul point commun que je partage avec vous, c'est que j'aimerai bien savoir ce que sont devenus vos victimes : les enfants... mais aussi vos auxiliaires locaux ?